Institut Saint-Aubain Namur

 

LESIRE Xavier

LA ZOOTHERAPIE

 

 

Année scolaire 2005 - 2006

 

Année civile 2006

 

Table des matières

 

 

         Remerciements         …………………………………………………….     p.         3

 

1.         Introduction   ………………………………………………………………    p.         5

 

2.         Histoire - Définition  …………………………………………………….     p.         68

            2.1.      Un peu d’histoire       ……………………………………………    p.         6 - 7

            2.2.      Qu’est-ce que la zoothérapie ?          …………………..…….   p.         8

 

3.         Du lien « Homme/Animal » à la zoothérapie           ……………….   p.         9

            3.1.      Les bienfaits reconnus de la présence animale     ……...  p.         10

            3.2.      La zoothérapie : discipline multidisciplinaire         ………  p.         11

            3.3.      La zoothérapie, complément

des thérapies traditionnelles          …………………………   p.         11

 

4.         L’Animal, un complément d’intervention polyvalent          ………  p.         12

 

5.         La zoothérapie, une activité qui se prépare            ………………..  p.         1314

            5.1.      La formation du zoothérapeute         ………………………….  p.         13

            5.2.      La faculté d’adaptation du thérapeute         ………………..  p.         13

            5.3.      Le thérapeute, sélectionneur et entraîneur de l’animal   p.         13

            5.4.      Le thérapeute et l’évaluation de l’animal   ………………..  p.         14

5.4.1.   Au niveau du comportement           ………………..  p.         14

5.4.2.   Au niveau de la santé          ………………………….  p.         14

 

6.         La zoothérapie et les risques pour la santé ………………………….  p.         1519

            6.1.      Risques traumatiques           ……………………………………  p.         15

            6.2.      Risques allergiques   …………………………………………….   p.         16

            6.3.      Risques infectieux     …………………………………………….   p.         1618

            6.4.      Mesures préventives générales       ………………………….  p.         18

            6.5.      Mesures préventives pour les animaux      ………………… p.         19

 

7.                 La zoothérapie au service des personnes en difficultés     ………  p.         2033

            7.1.            La zoothérapie et les personnes

physiquement handicapées             ………………………….   p.        2022

            7.2.            La zoothérapie et les personnes non voyantes       ……….  p.         23 - 24

            7.3.            La zoothérapie et les personnes

handicapées mentales          ……………………………………  p.         2529

7.3.1.   L’hippothérapie ou équithérapie      ………………...  p.         25 - 26

7.3.2.      En Argentine : Zoothérapie avec les chiens ……… p.         2729

             7.4.            La zoothérapie pour les personnes âgées    ………………... p.         30 - 31

             7.5.            La zoothérapie dans les hôpitaux     ………………………….. p.          32 - 33

 

8.         La Delphinothérapie ou thérapie assistée par les dauphins          p.         3437

            8.1.      La thérapie assistée par l’animal (T.A.A.)   …………………p.          35

            8.2.      La thérapie des « activités assistées par l’animal (A.A.A)  p.         36 - 37

 

9.         Témoignages intéressants sur la zoothérapie        ………………..  p.         38 -39

 

10.       Conclusion     ……………………………………………………………….   p.         40 – 41

 

            Bibliographie  ……………………………………………………………….   p.        42 – 43

 

            Annexes         ……………….………………………………………………   p.         4448

 

 

 

1. introduction

 

 

Les animaux domestiques font partie de notre vie quotidienne : si on n’en possède pas un soi-même, il se trouve, bien souvent, un parent ou un ami qui en détient un.

 

Ces animaux sont présents dans l’art et la littérature.  La publicité en fait grand usage.  Nous les voyons tous les jours à la télévision.  Ils occupent les conversations à tel point qu’il n’est pas exagéré de dire qu’ils ont un rôle considérable dans notre société. 

 

L’alliance fructueuse entre l’homme et l’animal a retenu l’attention des professionnels de la santé et de l’éducation.  Si bien que ces dernières années, nous assistons à une progression sans précédent de la pratique de la zoothérapie.

 

 L'enthousiasme actuel pour la zoothérapie trouve principalement son origine dans les travaux de Boris Levinson[1].

 

À la fin des années 50, ce psychologue américain fut le premier à décrire le rôle de catalyseur social que peut jouer l'animal.  Selon lui, les animaux sont particulièrement utiles pour les personnes qui sont à des stades plus vulnérables de la vie.  Boris Levinson a été un des premiers à intégrer l'animal dans des séances de thérapie et à se servir de celui-ci comme outil thérapeutique complémentaire. 

 

La présence d’animaux sur les lieux d’intervention, l’équithérapie, la delphinothérapie voilà bien des sujets nouveaux qui méritent que je m’y intéresse. 

 

Je tenterai, au cours de ce dossier, de démontrer que la pratique de la zoothérapie apporte à la personne handicapée tant physique que mentale ou temporairement invalide, une aide précieuse dans la vie quotidienne, une possibilité de dépasser son handicap ou, tout simplement, un réconfort moral

 

Je tiens également à préciser que suivant les études scientifiques que j’ai consultées, l’acquisition d’un animal domestique ne profite pas uniquement aux personnes handicapées ou aux personnes dans le besoin mais procure aussi des effets positifs sur un être en pleine santé. 

 

Il me paraît évident de dire que les effets positifs de la relation homme/animal se réalisent pour autant que la possession d’animaux familiers se fasse de façon responsable, et en tenant compte des exigences des animaux eux-mêmes. 

 

Je souhaite, également, souligner que ce travail se veut plutôt une contribution à la compréhension de la zoothérapie qu’une analyse psychologique proprement dite.

 

 

2. historique - definition

   

 

2.1. Un peu d’histoire

 

 

La relation homme/animal est inscrite dans l’histoire.  Il y a maintenant plus de dix mille ans que l’animal vit auprès de l’homme. 

 

L’attrait et l’intérêt ancestraux de l’homme pour l’animal se constatent encore aujourd’hui en visitant, par exemple, les grottes de Chauvet, dans l’Ardèche (France) où des fresques laissées par l’homme préhistorique représentent des fusions entre lui et l’animal. 

 

Sur un site israélien vieux de 12.000 ans, des archéologues ont mis à jour, une sépulture dans laquelle était enterré un enfant entourant de ses bras un chiot. 

 

Sur les restes archéologiques des portes de Pompéi[2] on peut également lire l’inscription « Cave canem » (« Attention au chien ») ce qui semble prouver l’existence du chien de garde au 1er siècle de notre ère.  La poésie et la mythologie gréco-romaine regorgent d’illustrations tendant à prouver l’existence du chien dans la vie quotidienne humaine.

 

Plus particulièrement, la relation entre le chien et l'homme est une histoire vieille de plusieurs milliers d'années.

 

En Egypte, le chien Anubis[3], incarne le gardien des morts.  En Grèce antique, Cerbère[4] garde scrupuleusement les portes de l'Enfer.  Les Romains le traitent comme un véritable animal de compagnie.

 

En Europe, le chien est sacralisé ou persécuté, notamment au Moyen Age.  Du 15ème au 17ème siècle, posséder des animaux de compagnie était considéré comme un culte païen et la personne en possession de tels animaux était condamnée pour sorcellerie.  Il faut attendre le 18ème siècle et ses « Lumières » pour que l’animal de compagnie soit réhabilité.  A la Renaissance, grâce à la chasse à courre, très prisée par la noblesse, il trouve peu à peu sa place et devient le compagnon idéal.

 

Au 19ème siècle, il devient « indispensable » pour la classe bourgeoise, de s’afficher avec un animal domestique.  Si dans un premier temps, le chien avait un statut d’aide aux travaux de la ferme et de la campagne, la révolution industrielle l’a modifié et actuellement, la plupart de nos chiens ont acquis un statut de compagnon, voire de gardien.

 

De nombreux chiens se sont illustrés par leur bravoure.  Je retiendrai, Barry, le Saint-Bernard suisse qui sauva, au XIXème siècle, plus de 40 personnes.  Au XXème siècle, la chienne Laïka (1957) de la race du même nom, est le premier être vivant à voyager dans l'espace, à bord de l'engin spatial russe Spoutnik-2.

 

Dernière prouesse en date, Mike, aveugle, a été sauvé par son Labrador.  Coincé au 78ème étage de la tour nord du World Trade Center en feu lors de l’attentat terroriste du 11 septembre 2001, Mike s’est laissé guider par son fidèle compagnon dans les escaliers …

 

 Au XXème siècle, on remarque donc une évolution dans la relation homme/animal qui apparaît comme le dit Ange CONDORET[5] comme le « substitut idéal de tout ce qui manque à l’homme adulte » [protection, lien avec le passé, médiateur de contacts humains, facteur de valorisation personnelle et support affectif].

 

Si on se réfère à la littérature scientifique, ce serait Jingles, le chien de Boris LEVINSON, Professeur de psychologie à Yeshiva University de New-York, qui serait à l’origine de ce qui deviendra la « thérapie assistée par l’animal » 

 

Natacha AYMON[6] raconte : « Le chien de Boris LEVINSON, présent un jour par mégarde dans le cabinet de son maître alors que celui-ci recevait en consultation un enfant autiste et ses parents, profita de cette aubaine et proposa au petit patient de jouer avec lui, alors que les adultes parlaient entre eux.  Une interaction naquit doucement, à la stupéfaction de tous.  A la fin de la séance, l’enfant autiste parla pour la première fois, demandant de revenir voir le « Dr Jingles », qui disait-il, était « vraiment un drôle de médecin ! »

 

Ainsi LEVINSON s’est-il penché sur l’étude de la « thérapie assistée par l’animal », sans oser toutefois en parler à ses collègues … pendant une bonne dizaine d’années.

 

Aujourd’hui commencent à s’ouvrir les institutions et les esprits, pour laisser entrer un bout de nature avec quelques museaux un peu sales mais pleins de chaleur, de simplicité et de générosité.

 

 

2.2. Qu’est-ce que la zoothérapie ?

 

 

Le mot « zoothérapie » provient du mot grec « zoo » qui signifie « animal » et de thérapie qui vient du mot grec « therapeia », soin, cure.

 

Selon François BEIGER[7], on peut définir la zoothérapie comme « étant une activité qui s’exerce sous forme individuelle ou en groupe à l’aide d’un animal familier, sélectionné et entraîné, introduit par un intervenant qualifié, en collaboration avec des professionnels de la santé, dans l’environnement immédiat d’une personne chez qui l’on cherche à susciter des réactions visant à améliorer son potentiel cognitif[8], physique[9], psychosocial[10] ou affectif[11]. »

 

La zoothérapie est donc utilisée comme un « auxiliaire » aux thérapies conventionnelles.  Le thérapeute utilise « l’animal » comme un « outil » à des fins préventives[12], thérapeutiques[13] ou récréatives.

 

Il est important de souligner que « la zoothérapie ne guérit pas », elle n’est pas une médecine.

 

 

  

3. du lien « homme/animal »        à la zoothérapie

 

 

 

Qui n’a jamais arrêté un passant pour parler et caresser son chien ?  De nos jours, les animaux revêtent une grande importance dans la vie des gens.  Les études s'accordent pour dire que, toutes espèces confondues, plus de 50% de personnes possède un animal à la maison.  Pour beaucoup, l'animal de compagnie occupe un statut particulier.  En effet, la majorité des propriétaires d'un animal considère ce dernier comme un membre de la famille.

 

C’est à partir de l’attrait que l’animal suscite et de sa capacité de stimuler l’humain que les activités de zoothérapie s’élaborent.

 

Cependant, jusqu'à ce jour, les théories tentant d’expliquer le fonctionnement de la relation homme/animal restent incomplètes.

On ne sait pas vraiment pourquoi certaines personnes aiment et recherchent la présence des animaux alors que d'autres sont indifférentes.

 

La solidarité qui existe entre l’homme et l’animal pour effectuer certains travaux, certaines tâches, date de l’antiquité et perdure encore de nos jours.  En voici quelques exemples :

 

dans les travaux des champs (le bœuf, le cheval, l’éléphant, le dromadaire, le mulet) ;

▫ dans le transport des personnes ou dans la migration des peuples (chameaux, rennes, éléphants, chiens de traîneau) ;

▫ dans le transport de matériel lors des migrations (rennes, chiens de traîneau, chameaux, ânes) ;

▫ dans la chasse (les chiens, les chevaux, le faucon, le chien polaire) ;

▫ dans les secours (chiens d’avalanche, chiens de catastrophe) ;

▫ dans les services (chiens de dépistage, chiens de drogue, recherche d’une personne perdue) ;

▫ dans l’assistance (les chiens d’aveugle, les chiens pour personne handicapée physique, chiens pour mal entendant).

 

 

3.1. Les bienfaits reconnus de la présence animale

 

Dans la vie de tous les jours pour la santé humaine, (sur les plans physique, cognitif, social et psychologique), les bienfaits de la présence animale ont ouvert naturellement la voie à l’utilisation plus structurée de l’animal auprès de gens aux prises avec des problèmes de toutes sortes.

 

Les scientifiques s’accordent à penser que le simple fait de posséder un animal de compagnie a, en lui seul, une influence prophylactique sur l’homme.

Je citerai quelques exemples issus d’études réalisées par Garry L. JENNINGS, scientifique australien :

 

-   les personnes qui possèdent un chien sont incitées à marcher à l’air frais, à organiser leurs activités quotidiennes, et à se rapprocher de la nature mais aussi à adopter un style de vie plus sain ;

 

-   ceux qui possèdent des animaux familiers courent moins de risques de maladies cardio-vasculaires, la pression sanguine peut diminuer et le cholestérol s’abaisser ;

 

-   l’animal de compagnie qui ne demande pas à être promené exerce aussi une influence positive sur la santé psychique et physique de l’homme ;

 

-   8% des possesseurs de chiens et même 12% des propriétaires de chats, rendent moins souvent visite à leur médecin que ceux qui ne possèdent pas d’animal domestique ;

 

-   concernant les personnes atteintes psychiquement, les animaux familiers exercent un effet de revalorisation de soi-même et facilitent les contacts sociaux.

 

3.2. La zoothérapie : discipline multidisciplinaire

 

La zoothérapie englobe des domaines tels que :

 

-          la psychologie[14] ;

-          l’ergothérapie[15] ;

-          l’orthophonie[16] ;

-          la psychomotricité[17] ;

-          la psychiatrie[18] ;

-          la kinésithérapie[19].

 

 

3.3. La zoothérapie complément des thérapies traditionnelles

 

                       La zoothérapie peut, également, compléter les interventions traditionnelles, tous âges confondus, dans une multitude de domaines :

 

-       problèmes d’apprentissage ;

-       troubles de la personnalité ;

-       problèmes de comportement ;

-       déficits cognitifs, retards de développement ;

-       problèmes relationnels ;

-       solitude et dépression ;

-       problèmes d’attention et de concentration ;

-       déficience intellectuelle ;

-       isolement ;

-       manque de stimulation sensorielle et retrait ;

-       réadaptation physique,

-       délinquance,

-       faible estime de soi,

-       violence,

-       etc.

 

 

 

4. l’animal, un complément

     d’intervention polyvalent

 

 

Peu importe la nature, la fréquence et la durée d’un programme d’activités de zoothérapie, l’animal s’avère toujours un outil précieux. D’abord et avant tout parce qu’il constitue un stimulus simple, connu de tous.  Il n’exige aucune compétence particulière de la part du malade et ne l’oblige à aucune performance.  Il peut servir de dérivatif à l’anxiété d’une personne face à une autre non connue.  En effet, les personnes accompagnées d’un animal sont perçues comme plus amicales et plus accessibles que les autres.

 

Le contact avec l’animal est apaisant.  Il est une source d’affection inconditionnelle, sans égard au comportement ou à l’apparence physique des personnes.  Flatter un animal peut être réconfortant.  Cela peut aider à calmer une peine mais aussi à favoriser le jeu et les rires.  Cet état ludique apporte plaisir, spontanéité et changement de la réalité quotidienne des personnes éprouvant des dysfonctionnements cognitifs, psychologiques ou physiques.

 

L’animal peut tantôt agir comme source de stimulation, tantôt servir d’agent de renforcement lors de l’accomplissement de certaines tâches, par exemple, lors d’exercices de réadaptation physique.  En plus d’améliorer la qualité de vie générale des gens, le zoothérapeute pourra dans beaucoup de situations élaborer des activités de zoothérapie de façon à augmenter le sens des responsabilités.  Des activités de brossage ou d’entretien pourront contribuer à cette impression de se « sentir utile ».

 

Dans les établissements de santé, l’animal peut agir comme facilitateur social, au sens où il favorise la conversation et les interactions entre les résidants en procurant des sujets de conversation neutres et non menaçants.  Il favorise un contact chaleureux et augmente le nombre et la qualité des interactions entre les résidants, leur famille et le personnel.  De plus, il contribue à une bonne relation entre le patient et le thérapeute.

 

Enfin, il faut retenir que le recours à l’animal dans un contexte thérapeutique n’est pas souhaitable pour tous.  On ne doit jamais forcer une personne à interagir avec un animal si elle ne le désire pas.  Il s’agit, ici, de respecter le bien-être de toutes les parties.

 

 

 

5. la zoothérapie, une activité

     qui se prepare

 

 

La zoothérapie regroupe un grand nombre de programmes utilisés par un professionnel que l’on appelle le zoothérapeute.  Pour être un bon zoothérapeute, il faut que celui-ci étudie les capacités de l'animal vis-à-vis de l'être humain et qu’il soit le lien, le médiateur entre l’animal et le patient.

 

Introduire un animal dans un hôpital, un centre d’hébergement, une école, une maison de retraite, …, n’est pas comparable à l’adoption d’un animal à la maison.

 

 

5.1.   La formation du zoothérapeute

 

 Elle est primordiale, tout un chacun ne peut s’investir de cette fonction.  Celui-ci sera appelé à intervenir auprès de patients souvent très malades ou lourdement handicapés.

 

Des médecins psychologues ou psychiatres, entourés de kinésithérapeutes et d’éducateurs constituent généralement l’équipe de zoothérapie.  Mais, actuellement, les conditions légales pour exercer la zoothérapie n’ont pas encore été légiférées.

 

 

5.2. La faculté d’adaptation du thérapeute

 

Le thérapeute devra s’adapter au fonctionnement et aux exigences de l’établissement auprès duquel il travaillera.  Pour que les conditions optimales soient réunies, il est important que le personnel soignant soit sensibilisé à l’exercice de la zoothérapie.  De plus, le zoothérapeute devra connaître les membres du personnel qui sont mal à l’aise en présence d’un animal et en tenir compte lors des activités.  La réussite d’un traitement de zoothérapie est subordonnée à un bon travail d’équipe.

 

5.3. Le thérapeute, sélectionneur et entraîneur de l’animal

 

Le thérapeute devra sélectionner et entraîner soigneusement son animal, connaître au mieux son comportement.  Il pourra ainsi utiliser, au mieux, les capacités propres de l’animal.  Le choix de l'espèce avec laquelle il estime atteindre le mieux les objectifs constitue un préalable au démarrage d'un programme de zoothérapie.  Il est donc essentiel que le zoothérapeute ait une très bonne connaissance éthologique[20] des animaux.

 

 

5.4. Le thérapeute et l’évaluation de l’animal

 

Il devra également procéder à une évaluation soigneuse des animaux.  En zoothérapie, il ne faut jamais utiliser un animal dont on ne connaît pas l'état et l'histoire de santé ou pour lequel on a des doutes quant à ses aptitudes comportementales.

 

5.4.1.          Au niveau du comportement : il est important que l'animal montre un intérêt envers les humains et qu'il soit obéissant. 

L'animal choisi doit avoir un bon tempérament, c'est-à-dire qu'il doit être enjoué, stable émotionnellement et non agressif.

 

5.4.2.          Au niveau de la santé de l’animal : il est indispensable que l’animal ait un carnet de santé et soit suivi régulièrement par un vétérinaire.  Ceci afin de réduire au minimum les risques de transmission de maladie.

Un programme de prévention comporte généralement les points suivants:

 

▫  visite initiale et bimensuelle chez le vétérinaire ;

 

▫  connaissance de la provenance de l'animal ;

▫  introduction contrôlée des animaux dans les établissements ;

▫  toilettage et entretien réguliers.

 

En tout état de cause, il faut souligner que :

 

▫    le recours à l'animal dans un contexte thérapeutique n'est pas souhaitable pour tous, on ne doit jamais forcer une personne à interagir avec un animal si elle ne le veut pas ;

 

▫    l’exercice de la zoothérapie en milieu institutionnel impose l’observation de règles élémentaires d’hygiène, de prudence, d’éthique[21] et de sécurité ;

 

▫    La triade[22] thérapeutique patient-animal-thérapeute est une activité qui ne s’improvise pas mais qui se construit !

 

 

 

 

 

 

 

 

6.     la zoothérapie et les risques pour      la santé

 

 L’introduction d’un chat, d’un chien, d’un oiseau, …, en institution, surtout en milieu hospitalier, provoque souvent la crainte de transmission de maladies infectieuses de l’animal aux patients et au personnel de l’établissement.

 

 Par des mesures préventives relativement simples il est possible de diminuer presque totalement les zoonoses[23].

 

  Les principaux problèmes soulevés par la présence d’un animal  en institution sont les suivants :

 

- Les risques de traumas ;

 

- Les risques d’allergies ;

- Les risques de transmission de maladies infectieuses de l’animal à l’homme.

 

 

6.1. Risques traumatiques

 

 Les animaux domestiques peuvent mordre et griffer.

Ces morsures ou griffures peuvent être responsables de lésions traumatiques et d’infections bactériennes

(Tableau 1 – ANNEXE 1page 44)

Il convient donc de nettoyer immédiatement la plaie avec de l’eau et de désinfecter avec un antiseptique[24].

 

Comme je l’ai dit précédemment, en zoothérapie, il est impératif de faire une bonne sélection des animaux avant de travailler avec eux.

Un des critères important est de choisir l’animal en fonction de son tempérament calme, docile, se laissant manipuler.

Par exemple, le zoothérapeute qui travaille avec un chien, utilisera un « adulte » qui aura moins tendance à tout mordiller ou lécher, à être attiré par toutes sortes d’objets tels que les médicaments, les tubes ou les fils.

 

Le zoothérapeute devra, également, apprendre au patient les règles de base à adopter envers l’animal comme ne pas le déranger quand il mange, dort, ne pas lui tirer la queue, les oreilles,…

 

  

 

6.2. Risques allergiques

 

Certaines personnes peuvent être allergiques aux pellicules, aux poils, à la salive, à l’urine ou aux autres secrétions animales.

Le chat, le cochon d’inde et le cheval sont des espèces animales très allergènes.

 

Certains chiens comme le Caniche, le Bellingon Terrier et les chats de race Rex perdent moins de poils et sont donc conseillés aux personnes allergiques.

 

La réaction allergique peut aussi varier en fonction de la race de chien.  Une personne peut être allergique au Collie et non au Labrador.

 

Pour diminuer ce risque, le zoothérapeute utilisera du shampoing anti-allergène 24 heures avant sa séance de travail.

 

Finalement dans le cas d’allergie, il faut mettre en rapport les bienfaits de la zoothérapie avec les désagréments causés par l’allergie et éventuellement renoncer au traitement thérapeutique.

 

6.3. Risques infectieux

 

Les animaux de compagnie peuvent transmettre des infections bactériennes, parasitaires, fongiques ou virales aux humains (Tableau 1 – ANNEXE 1 – page 44)

 

Les agents infectieux peuvent provenir des poils, des plumes, de la peau, de la gueule, des matières fécales, de l’urine, des éternuements, …

 

Les voies d’entrée de ces infections chez l’homme se font principalement par contact cutané, par ingestion ou par inhalation.

 

 En contact direct (caresse - se laisser lécher) l’humain peut développer :

 

                          wla Teigne[25]

                         wla Gale[26]

                         wla Giardiose[27]

 

 

 En contact indirect (selles infectées) l’humain peut développer :

 

                       wla Salmonellose[28]

       wla Campylobactériose[29]

       wla Toxoplasmose[30]

       wla Leptospirose[31]

 

 Certains agents infectieux (comme les œufs de certains parasites) doivent être en milieu humide et oxygéné pour être nocifs ;  l’enlèvement des matières fécales, chaque jour, diminue le risque de contamination.

 

 D’autres agents infectieux ont besoins d’un vecteur pour être transmissibles comme la borréliose de Lyme transmise par une tique.

 

Malgré le nombre important de zoonoses[32] existantes, le risque global de transmission de maladies infectieuses reste minime.  (Tableau 2 – ANNEXE 2 – page 45)

 

 Des mesures d’hygiène simples permettent de les éviter.

 

 Il faut aussi préciser que certaines maladies de l’homme diminuent son système immunitaire comme  :

 

wle diabète sucré

wl’immunodéficience congénitale

wla cirrhose du foie

wl’insuffisance rénale chronique

wla malnutrition

wla transplantation d’organe ou de moelle osseuse

 

 

Voici plus particulièrement quelques maladies mondialement connues que l’animal domestique peut contracter et transmettre à l’homme :

 

Le tétanos : maladie qui touche principalement les herbivores, mais là où c’est dangereux c’est que tous les animaux peuvent être porteurs.  Les causes de transmission à l’homme sont par infections de plaies et par injections.  Elle fait partie des maladies bactériennes[33].

 

La teigne : maladie très répandue, s’attaque surtout aux chats mais aussi aux chiens, aux bovins, aux rongeurs,…  Le risque de transmission est le contact direct avec les bêtes ou les objets infectés.  Cette affection fait partie des maladies fongiques[34].

 

La pneumonie pneumocystique : elle est répandue dans le monde entier.  Elle s’attaque aux sujets atteints du SIDA.  Les animaux qui peuvent la contracter sont les chiens, les chats, les rongeurs et les bovins.  Ils peuvent attraper la maladie en sortant, en s’exposant à l’environnement.  C’est une maladie parasitaire[35].

 

 

6.4. Mesures préventives générales

 

Il convient de :